Nous développons actuellement un programme de reconversion de la centrale thermique et électrique des anciennes manufactures d’impression sur étoffes de Wesserling (France, Haut-Rhin), pour y aménager un atelier de recherche et de création : La Chaufferie.
Le programme architectural que développe l’architecte François Doyelle, en collaboration avec Matthieu Ferry pour la scénographie des équipements, se décompose en deux entités : une salle modulable de répétitions et de spectacles et un lieu de vie pouvant accueillir jusqu’à quatorze résidents.
Créer / Transmettre Nous y construisons un projet artistique de dialogue européen croisant langues et regards étrangers, favorisant les premiers gestes et les réalisations singulières. Nous prévoyons de programmer chaque année sur la friche...
Les répétitions et la création d’une proposition scénique d’artistes associés
Une résidence de création pour une compagnie invitée
Le festival « 1ers Actes, jeune théâtre européen »
... ainsi que des actions de sensibilisation et de formation, dont le programme pédagogique sera élaboré par les artistes associés et les compagnies invitées : Des ateliers de pratique artistique à destination des publics scolaires et amateurs
Un stage de réalisation conventionné, production-école reposant sur une équipe composée d’amateurs et de professionnels
Des séminaires animés par des praticiens ou théoriciens reconnus, pour les étudiants ou les professionnels.
« Dans le mot manufacture, il y a le mot main. J’aime bien l’idée d’un théâtre fait avec les mains. Il y aussi la notion de production sérielle qui se confronte au métier que nous faisons, au système de construction et de création de l’ouvrage qui se dérobe et qu’il faut toujours réinventer, à l’impossible production massive. Cette confrontation pourrait faire tension, et constituer un bon point de départ dans la pensée des espaces scénographiés.
Pour la salle de spectacle, il me semble important d'imaginer un lieu qui puisse s'effacer pour recevoir la parole, le rêve d'autres espaces, d’autres lignes, d’autres graphies – tout en conservant son rythme propre. Il y a peut-être un point de rencontre à trouver entre l’affirmation franche d’un geste contemporain et la conservation de « l’austérité fonctionnelle » du bâtiment que j’aime, cette sensation d’espace induit, rigoureux et très solide. Des matériaux simples et brusques, une architecture plutôt pauvre pour peut-être s’accoutumer à la très grande économie de moyens qui nous est imposée.
J’imagine un lieu serein et plutôt brutal où la pensée n’est pas cajolée par des formes rondes, plutôt vaste et nu, ouvert à la lumière, conçu pour la vie en collectivité tout en ménageant des espaces de chaleur, d’intimité et d’isolement. »
Thibaut Wenger, note de travail à François Doyelle.